QUELLES CONSÉQUENCES D’UNE SORTIE DE L’EURO POUR LES FRANÇAIS
Posté par editorFRF - 11/07/11 à 12:07:09 pmPlusieurs partis politiques français proposent que la France sorte de la zone euro et retourne au franc, avec une dévaluation de 20%.
Cette voie n’est pas réaliste et aurait des conséquences catastrophiques pour notre pays : le gain en compétitivité  espéré sera vite  effacé, les pertes de pouvoir d’achat importantes, la fuite des capitaux augmentera les difficultés d’accès au crédit, le financement de la dette publique sera difficile, risquant de mettre l’État en faillite
Un gain de compétitivité vite effacé
L’objectif premier de la sortie de l’euro assortie d’une dévaluation du franc de 20% est de restaurer la compétitivité des produits français à l’exportation. Mais une telle politique ne marche qu’une fois et donne un avantage temporaire qui sera vite anéanti par les réactions des voisins. En effet, d’autres pays pourraient sortir de l’euro en même temps et pratiquer eux-aussi des dévaluations de leur monnaie (Italie, Espagne, par exemple), conduisant à l’éclatement de la zone euro.
Dans une deuxième hypothèse, l’euro pourrait rester la monnaie de l’Allemagne et de sa zone d’influence (Bénélux compris). L’euro lui-même pourrait perdre de la valeur donnant un avantage supplémentaire aux produits des pays déjà  exportateurs comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou les pays nordiques. Les marchés financiers pourraient perdre confiance dans l’euro. Du coup, le franc comme l’euro pourraient se dévaluer en même temps par rapport aux autres monnaies (le dollar et le yen). Cela renforcerait le risque d’une guerre mondiale des monnaies, les États-Unis n’hésitant pas à  faire baisser leur monnaie pour à leur tour gagner en compétitivité.
Au bout de quelques mois, les effets positifs sur les prix à  l’exportation des entreprises françaises auraient vite disparu. Il ne resterait alors plus qu’à  réduire les salaires pour gagner encore en compétitivité à l’international : le second coup après la dévaluation de la monnaie serait la baisse des salaires ! Alors que la France a déjà un problème majeur de compétitivité (mauvaise orientation stratégique sur les produits et mauvaise organisation   des   entreprises   notamment),   le changement de monnaie accentuerait encore les problèmes de notre industrie au lieu de les résoudre.
Une baisse su pouvoir d’achat des français
La sortie de l’euro est souvent présentée comme un moyen de restaurer le pouvoir d’achat. C’est pourtant l’inverse qui se passerait.
Le taux de conversion de l’euro vers le franc ne serait pas celui que nous avons connu en 2001 du franc vers l’euro, mais du fait de la dévaluation, il serait de 20% inférieur. Ainsi, les produits importés coûteraient tous 20% de plus. Les produits pétroliers (dont l’essence, le gaz et le fioul domestique) augmenteraient d’au moins 20 %. Un plein d’essence sans plomb de 40 litres à 1,5 euro le litre, passerait de l’équivalent de 60 à 72 euros. D’autres produits importés comme les téléviseurs à  écran plat, les vêtements ou les aliments non produits en France (café, thé, chocolat, riz, bananes) verraient leur prix augmenter jusqu’à 20 %.
De plus, l’effet « valse des étiquettes » connu au moment du passage du franc vers l’euro se reproduirait sur certains produits… et toujours dans le sens de l’augmentation des prix !
Enfin, il est peu probable que la dévaluation se limite à 20% comme le souhaitent les tenants de la sortie de l’euro. Les marchés pourraient tester une dévaluation plus forte de l’ordre de 30 à  50 % en vendant du franc pour spéculer contre la nouvelle monnaie. Cela augmenterait encore plus les pertes de pouvoir d’achat. Les plus modestes mais aussi les classes moyennes seraient touchés… avant d’autres effets sur le coût des emprunts.
La fausse bonne recette : Les Mesures protectionnistes Franco-Française.
Les risques de perte de compétitivité des entreprises françaises sont bien connus des tenants du retour au franc. Aussi proposent-ils tout simplement des mesures protectionnistes pour y remédier : taxer l’entrée de produits étrangers et relocaliser des productions depuis des années réalisées hors de nos frontières.
À supposer que ce soit techniquement possible (on voit bien comment la crise japonaise a provoqué une rupture de fournitures de certains produits que nous ne sommes pas en mesure de fabriquer), la relocalisation de la production de certains produits entraînerait une nouvelle augmentation très sensible des prix. Il suffit de regarder les étiquettes de nos vêtements, l’essentiel de ce qui est porté en France est désormais fabriqué dans les pays émergents. Il audrait accepter de payer ses t-shirts pas loin de 100 euros pièce ! A moins que l’on réduise les salaires français au niveau de ceux des pays émergents…
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